Art Paris ferme tout juste les portes du somptueux Grand Palais.

 

Kozzarte a arpenté les allées de la foire et a immédiatement remarqué les stands particulièrement mis en valeur par les galeries Cédric Bacqueville et Loo&Lou.

© Loo & Lou Gallery
© Loo & Lou Gallery
© Galerie Bacqueville

La galerie Loo&Lou présentait notamment le travail remarquable de Dominique Lacloche.

 

Née à Rome en 1960, Dominique Lacloche vit et travaille entre Paris et Londres. Au début des années 2000, l’artiste découvre la Gunnera Manicata, feuille géante originaire d’Amérique du Sud. Elle explore alors la photographie, la vidéo, l’installation, la sculpture et commence à développer une réflexion autour des mécanismes de la perception.

 

Le contact avec cette plante insolite a un impact considérable sur son œuvre. Dès lors, elle ne cesse d’expérimenter ce nouveau médium, qui occupe une place obsessionnelle dans son travail. La Gunnera Manicata présente la particularité d’avoir une taille disproportionnée, ses feuilles pouvant atteindre deux à trois mètres d’envergure. Son maniement est périlleux et délicat.

 

La lumière est le point de rencontre entre ce végétal singulier et la technique photographique ; la photosynthèse et la révélation argentique se jouent des aléas du vivant organique et du « vivant » chimique. L’accomplissement de l’image traverse des phases anarchiques, délicates, imprévisibles, et le geste artistique se plie à l’exigence d’évènements extérieurs qui s’imposent comme des lois «naturelles». L’artiste doit sans cesse s’adapter pour réconcilier « état d’art » et « état de nature ».

 

Cette relation intime tissée entre l’artiste et la feuille de Gunnera Manicata questionne la puissance de la nature, mais aussi ses imprévus. Le végétal s’offre à la contemplation, révélateur d’une force cachée et poétique. Telle une apparition entre l’infiniment fugace et l’infiniment intime, sensible au travers des nervures de la feuille, en transparence ou en évidence. L’œuvre s’apparente à des visions d’un « autre monde » qui nous est étrangement familier. Comme une langue muette et visuelle qui s’offre aux spectateurs, faite de lignes contrariées et harmonieuses, de signes mystérieux et d’accidents révélateurs.

 

© Dominique Lacloche

Parmi les artistes présentés par Cédric Bacqueville, Kozzarte a notamment retenu les oeuvres de Jan Van Munster. Les œuvres de ce sculpteur et installateur hollandais sont exposées dans de nombreux lieux publics aux Pays-Bas et en Allemagne. 

 

Le travail de Van Munster est minimaliste. Il a travaillé le bois, la pierre, le bronze, le verre et d’autres matériaux, et a également produit des sculptures lumineuses et de l’art vidéo. Son travail a porté sur toutes les formes d’énergie en tant que métaphore de la vie, en mettant l’accent sur la lumière et l’énergie avec laquelle elle est chargée.

 

Les tensions et les oppositions, par exemple, entre la lumière et l’obscurité ou la chaleur et le froid, sont souvent illustrées dans son travail.

In between © Jan Van Munster

Kozzarte a aussi pu admirer les oeuvres des artistes suivants:

Richard Stipl

Travaillant d’abord comme peintre, Stipl s’est tourné vers la sculpture.

 

Se servant de lui-même comme modèle, Stipl se concentre de manière exhaustive sur la nature indéfinie et les paradoxes instantanés inhérents à l’acte de se recréer continuellement tout au long de sa vie. De manière caractéristique, les peintures et les œuvres sculpturales de Stipl nous obligent à reconsidérer le rôle des frontières et des catégories de choix qui en résultent, qui comprennent les attitudes et approches contemporaines de l’art et de la consommation d’art.

 

Stipl a exposé dans le monde entier et est inclus dans de nombreuses collections publiques et privées importantes. Au cours des dernières années, son travail a capté l’attention des médias et des critiques partout où il a exposé.

 

Christopher Cutts Gallery

Tabula Rasa © Richard Stipl

Edouard Taufenbach

Né en 1988, Edouard Taufenbach vit et travaille à Paris. Son travail est partagé entre art vidéo et expression plastique. Interrogeant les concepts de trace et de mémoire, ses œuvres se construisent par la répétition et l’accumulation de formes.

 

Au sujet de la série de collages qu’Edouard Taufenbach présente sous le titre « Cinéma: histoire domestiques », Françoise Parfait écrit qu’elle « s’inscrit dans une double appartenance au récit du cinéma d’une part et au roman familial d’autre part. Toujours à partir d’un ensemble d’anciens tirages argentiques de photographies privées servant de déclencheurs de fiction, les collages de dimensions variables explorent les capacités d’une simple photographie domestique à engendrer du récit, à produire du cinéma. (…) Pour chacun de ses projets, il construit, à partir d’une seule photographie trouvée, ou collectionnée, ou encore extraite d’archives familiales, un film non pas projeté mais exposé, décomposé en séquences géométriquement articulées sur des panneaux (tableaux) à fonds blancs« .

 

L’artiste fait basculer le documentaire dans l’histoire et déplace le regard du spectateur sur chacun des détails des photographies qu’il reproduit, par un découpage minutieux et une peinture vitrail, dont la couleur unique insuffle une atmosphère particulière aux images.

 

Élaboré à partir de photographies de la collection de Sébastien Lifshitz, le nouveau travail d’Edouard Taufenbach « Speculaire » est exposé jusqu’au 5 mai 2018 à la galerie Binome à Paris.

Edouard Taufenbach
Pierre & Hélène © Edouard TAUFENBACH

Sylvain Polony

Sylvain Polony (1973) est né à Paris, où il vit et travaille aujourd’hui. Architecte de formation, Il est diplômé de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris.

 

L’artiste choisit précautionneusement les instruments et matériaux avec lesquels il travaille. Qu’il travaille sur papier, carton, PVC, plexi ou aluminium, Polony garde toujours en tête les possibilités et les restrictions inhérents à chaque matériau. Le résultat forme un ensemble abstrait qui combine souvent peinture, peinture au pistolet et crayon. En travaillant toujours en une session ininterrompue, Polony souligne le caractère organique de son œuvre.  L’artiste aime se référer au processus d’évolution des pierres, des roches et des minéraux. En raison de la cristallisation, de la fixation et du mouvement, ce matériau se transforme, lentement mais sûrement.

 

En définitive, il appartient au spectateur de se laisser tenter et de plonger dans les sensations des couleurs et des lignes auxquelles Polony donne vie.

 

Artelli Gallery

Untitled © Sylvain Polony

Benjamin Sabatier

 

Né en 1977 au Mans, Benjamin Sabatier vit et travaille à Paris.

 

Benjamin Sabatier interroge de manière récurrente le concept de travail, qui fonctionne comme étalon dans une démarche cherchant avant tout à inscrire l’art dans un contexte socio-économique plus large.

 

Son vocabulaire artistique se compose de matériaux bruts et accessibles­ brique, béton, ustensiles de bricolage, carton, scotch, qu’il manipule dans le cadre de processus de fabrication lisibles, évacuant toute référence au geste héroïque du sculpteur au profit d’une certaine littéralité où se révèle au premier regard le fonctionnement de l’oeuvre. Cette « fulgurance », qui n’en demeure pas moins polysémique, rend ainsi facile et possible sa reproduction par tout un chacun.

 

Entre questionnements politiques et formels, relectures des principes constructivistes et des thèses de Walter Benjamin, le travail de Benjamin Sabatier, en invitant le spectateur à devenir lui-même producteur, s’envisage dès lors à l’aune des théories alternatives et émancipatrices du Do it Yourself.

 

Galerie Bertrand Grimont

Sans titre © Benjamin Sabatier
Sinopia I, © Steve Sabella

Steve Sabella

Steve Sabella, né en 1975 à Jérusalem, est basé à Berlin depuis 2010. Dès ses débuts au milieu des années ’90, Sabella repousse les limites du support photographique de la chambre noire à l’iPhone. Ce faisant, il invite le spectateur à questionner l’apparence de la réalité, à la fois artiste et chercheur qui révèle les codes visuels qui nous entourent.

 

Son travail dans la série « Evolution » atteste de sa capacité à redessiner la ligne entre l’individuel et le collectif, le familier et l’étranger, la photographie et la peinture. Pour son oeuvre vibrante « Sanopia », Sabella a photographié un graffiti politique bahreïni et son effacement par la police. Par le découpage numérique et la superposition de ces images, Sabella fusionne la voix des dissidents et des autorités en un refrain lumineux.

 

Sabella exposera à l’Institut du Monde Arabe en mai 2018.

 

Contemporary Art Platform

Montoro12 Contemporary Art

Wolfgang Stiller

 

Wolfgang Stiller est un sculpteur né en 1961 à Wiesbaden, Allemagne. Il vit et travaille à Berlin.

 

L’artiste présente une œuvre fascinante et étrange intitulée « Matchstickmen ». Cette installation met en scène d’intrigantes sculptures en forme d’allumettes aux bouts desquelles se trouvent des visages asiatiques. Une fois moulés, ces visages sont brûlés pour donner une impression d’allumette craquée. À travers la pièce, debout ou gisant au sol, ces géants de bois ont chacun un visage différent, comme si leurs expressions étaient le résultat d’un mariage entre feu et bois.

 

Dénonçant le régime politique chinois, cette œuvre est également une métaphore de la vie qui se consume peu à peu.

 

Galerie Mark Hachem

Matchstick Man © Wolfgang Stiller
I miss you already © Shen Wei

Shen Wei

 

Né et élevé à Shanghai, Shen Wei est un artiste visuel basé à New York et Shanghai. Il est connu pour ses portraits intimes des autres et de lui-même, ainsi que pour son paysage poétique et ses natures mortes.

 

Le photographe itinérant nous présente un journal intime, qui nous donnerait une onde de choc fictive. Les incitations de l’artiste nous guident à travers les méandres des villes, en glissant le long des paysages de réunions au fur et à mesure que les corps sont capturés mais semblent perdus presque immédiatement. Il détient l’art de transmettre le savoir à travers un murmure, nous interrogeant sur les relations que nous avons avec le monde.

 

ON/Gallery

Oneiri © Nicoleta Sekulovic

Nikoleta Sekulovic

 

Nikoleta Sekulovic vit et travaille à Madrid. Née à Rome d’une mère allemande et d’un père serbe, elle a travaillé à Londres, Paris et New York, où elle a exposé ses oeuvres.

 

Nikoleta Sekulovic crée dans la tradition du portrait d’Odalisque et pourtant redéfinit son sujet en tant que parent et muse. Dans une palette sourde et vide d’accessoires et de distractions, l’intention de l’artiste est de mettre en évidence la forme féminine dépouillée des attentes extérieures et dans un état d’authenticité, par opposition aux expressions plus traditionnelles de la sexualité. Les lignes plus lâches célèbrent les imperfections et les irrégularités du corps humain et rappellent la Vienne d’Egon Schiele et le minimalisme des études de Gustav Klimt.

 

« J’essaie d’utiliser moins de lignes et une palette de couleurs simple. Je cherche des moyens d’amener le mouvement dans les contours de la silhouette ou dans la peau. Je crois que la figure doit respirer. Il doit refléter quelque chose du tissu humain, c’est-à-dire que nous sommes à la fois ordonnés et complexes, anguleux et incurvés ».

 

Galerie Rebecca Hossack

Thomas Lerooy

 

Thomas Lerooy est un artiste belge né en 1981 à Roeselare, qui vit et travaille à Bruxelles. Au travers de ses dessins et sculptures, c’est la condition humaine, les travers et les fragilités de chacun que l’artiste explicite.

 

Ses sculptures et dessins en bronze défient et jouent avec la notion classique de l’iconique. Les références sont liées à l’art occidental, de l’Antiquité romaine à la Renaissance, du classicisme au maniérisme.

 

Cependant, même si Lerooy fonde ses méthodes artistiques et ses sujets sur le passé, il est toujours concentré sur le présent.

 

Galerie Nathalie Obadia

I need you close © Thomas Lerooy

Todd Hido

Todd Hido est né en 1968 à Kent, Ohio. Il vit et travaille à San Francisco. Le travail qu’il a entrepris depuis près de 20 ans dresse le portrait d’une autre Amérique, loin de la vision idéalisée des succestories. Séquencées pour former une narration presque cinématographique, ses photographies peuvent être lues comme une tentative de recomposition des souvenirs du photographe lui-même sur sa propre adolescence, passée dans la banlieue d’une ville moyenne du Kent.

 

Images sombres d’un grand réalisme, aucune manipulation n’est opérée lors de la prise de vue, aucune lumière artificielle n’est ajoutée, seul un temps d’exposition très long permet au photographe de capter cette richesse de couleurs et cette lumière extraordinaire, dont émane un sentiment étrange, sombre, presque surnaturel.

 

Mais si le sujet de ces séries est directement ou indirectement la propre vie de Todd Hido, ces photographies sont aussi une image de ce que la communauté a construit en voulant apporter confort et stabilité à la middle class sans imaginer les problèmes collatéraux que ces banlieue allaient engendrer. Ce qui en résulte est un mélodrame collectif, dans une ambiance de désillusion et de perdition, de soirées alcoolisées, de drogues et de sexe, une virée typique dans l’Amérique sortie d’un film noir.

 

La Galerie Particulière

© Todd Hido