Qui sont les 10 artistes africains à collectionner?

La foire d’art contemporain africain 1/54 à Marrakech vient de fermer ses portes, nous y étions, nous vous racontons.

Aboudia, la star parmi les artistes africains

Si on ne devait en garder qu’un, il s’agirait d’Aboudia.

Ce fils d’une famille modeste d’Abengourou, grande ville de l’Est proche du Ghana, formé dans des écoles d’art à Abidjan, a été révélé dans la capitale économique ivoirienne grâce à une première exposition en 2007.

Son succès naissant, le jeune peintre ivoirien Aboudia le doit à des toiles impressionnantes sur la bataille d’Abidjan de 2011, pleines de bruit et de fureur. Mais il avoue devoir son inspiration à: « la vie des enfants qui traînent dans les rues ».

Des corps suppliciés, des civils terrifiés et appelant à l’aide, des chars de soldats de l’ONU attaqués par une foule hostile, et partout le même chaos sous un ciel sombre: les tableaux d’Aboudia retracent de façon crue les épisodes de la crise politico-militaire ivoirienne de décembre 2010-avril 2011, qui s’est conclue par dix jours de bataille à Abidjan et a fait quelque 3. 000 morts.

Ces tableaux frappent par leurs dimensions souvent importantes (jusqu’à deux mètres sur quatre), et surtout par leur style bariolé, sauvage et enfantin, qui contraste avec l’allure tranquille et décontractée de ce jeune peintre de 33 ans.

Kassou Seydoux

Kassou Seydoux est un artiste plasticien né en 1971 à Ziguinchor au sud du Sénéga, il  vit et travaille à Dakar. Engagé dans la cause humaine et africaine, il est sensible à la famille que constituent la race humaine, les peuples de tous les continents. Ses réalisations sont le fruit d’un apprentissage et d’un partage courageux des techniques et valeurs artistiques. Partant du constat que tout est écriture et que l’écriture est une ligne déformée, il la conceptualise par des formes régulières appliqués sur ses tableaux.

Nu Barreto

Nu Barréto est né en 1966 à Sao Domingos, Guinée- Bissau, il vit et travaille à Paris. Son oeuvre met en lumière les disparités sociales endémiques sur le continent africain. Par le biais de techniques sèches, de collages, de matériaux reconstitués et de techniques nouvelles, Barreto exprime dans son travail un symbolisme fort par la forme, les couleurs et les motifs. Il utilise fréquemment la couleur dite « funguli », un ton gris cendré souvent utilisé en référence aux individus pauvres en Guinée-Bissau. Barreto s’est mis à utiliser cette couleur dans le but de renverser sa connotation négative et de mettre en exergue la réalité des possédés sociaux et économiques.

Hicham Benohoud

Hicham Behoud est né en 1968 à Marrakech. Il vit et travaille à Marrakech et Casablanca. L’art d’Hicham Benohoud est enraciné dans la culture et les structures sociétales du Maroc, explorant les notions d’identité individuelle et collective. Benhoud a débuté son voyage artistique avec l’autoportrait, un médium qu’il continue d’utiliser et a ensuite étendu sa pratique actuelle. Benohoud a débuté son voyage artistique avec l’autoportrait, un médium qu’il continue d’utiliser, et a ensuite étendu sa pratique actuelle pour y incorporer de nouveaux médias et des techniques mixtes. Humour, surréalisme, performativité et autodérision, mis en scène dans des modes inattendus, sont des éléments récurrents de son travail. Ses œuvres figurent dans les collections permanentes d’insitutions telles que la Tate Modern, à Londres, et le Centre Pompidou, à Paris.

Mahi Binebine

Mahi Binebine est né en 1959 à Marrakech, au Maroc. Il vit et travaille à Marrakech. Les œuvres sculpturales et bidimensionnelles de Mahi Binebine sont profondément influencées par son enfance au Maroc, tout particulièrement les riches nuances de rouge et de bleu dont il était environné étant enfant. La couleur, bien qu’utilisée avec beaucoup de retenue, revêt une grande signification pour Binebine, qui use fréquemment du bleu pour représenter la libération et la transcendance. Son utilisation des lignes, que ce soit pour définir la forme humaine, scarifier le corps ou évoquer l’écriture est omniprésente. Ces lignes fortement définies évoquent en outre une forme de contrainte et le désir de se libérer. Ses œuvres sont conservées dans de nombreuses collections, notamment au musée Guggenheim de New York et au musée de Marrakech.

Soly Cissé

Il est né en 1969 à Dakar, Sénégal. L’art de Soly Cissé est profondément marqué par le souci de la condition humaine. Par la peinture et de la sculpture, il explore le lien entre humanité et nature, tradition et modernité, spirituel et profane. Les œuvres de Cissé dépeignent souvent le conflit et la capacité de l’homme à transcender des situations difficiles, tant socio-politiques, qu’économiques ou spirituelles. Une grande partie de son travail le plus récent tend à évoluer vers les notions de guérison et de réparation. Entre lignes, formes et couleurs expressives et spontanées, ses compositions sont empreintes d’une énergie et d’un dynamisme viscéraux.

Slimen El Kamel

Slimen El Kamel est né en 1983 à Sidi Bouzid, Tunisie. Il vit et travallle à Tunis. Slimen El Kamel a grandi dans un environnement rural baigné des riches traditions du conte, de la poésie et de la littérature. Ces années formatrices ont joué un rôle significatif dans l’influence de son art et de son intérêt pour textes poétiques et littéraires, les récits recueillis, ainsi que les réalités vécues et imaginées. Dans ses œuvres plus récentes, il explore les liens entre le corps humain et les objets du quotidien issus de la société de consommation et de la culture populaire. Au travers de formes figuratives, symboliques et abstraites, il génère à la fois un récit qui se déroule sur la toile et une critique subtile des effets de la culture de masse sur les modes de vie traditionnels.

Ibrahim El-Salahi

Ibrahim El-Salahi est né en 1930 à Omdurman au Soudan. Il vit et travaille à Oxford. La carrière d’Ibrahim El-Salahi s’étend sur plus de cinq décennies et se caractérise par une expérimentation rigoureuse dans le cadre d’une phraséologie moderniste. Si son travail a connu une évolution stylistique au fil du temps au trait, véritable plate-forme globale alliant émotion et structure. Considéré comme l’une des figures les plus importantes du modernisme africain et arabe, son œuvre est profondément empreinte de spiritualité et de réflexion, tout en s’intéressant fortement aux injustices sociales et politiques. En 2013, la première exposition de la Tate Modern conscrée au modernisme africain retraçait la vie et l’œuvre d’El-Salahi, et rassemblait une centaine d’œuvres de toute sa carrière. Ses œuvres sont conservées au sein de collections des musées suivants : le Museum of Modern Art ; le Metropolitan Museum of Art de New York ; La Tate ; le British Museum à Londres, le Musée national d’art africain.

Chéri Samba

Chéri Samba est né en 1956 à Kinto M’Vuila, République Démocratique du Congo. Il vit et travaille à Kinshasa, République Démocratique du Congo. En 1972, Chéri Samba quiite l’école pour entamer un apprentissage auprès des peintres d’enseignes de l’avenue Kasa-Vubu, à Kinshasa.

De ce cercle d’artistes – Moke, Cheik Ledy, entre autres, a émergé une école prolifique de la peinture populaire. Peintre professionnel de panneaux d’affichage et dessinateur de BD, Samba puisait dans les conventions des deux genres, recourant à la peinture sur toile de jute lorsque la toile de peintre était inabordable. Les compositions de Samba révèlent sa perception aigüe des réalités sociales, politiques, économiques et culturelles de la République Démocratique du Congo et dévoilent des aspects intimes de la vie quotidienne à Kinshasa. Ses peintures sont un commentaire incessant sur les coutumes populaires, la sexualité, la santé, les inégalités sociales et la corruption. Parmi les exposituons de Samba, on notera Art / Afrique : le nouvel atelier, Fondation Louis Vuitton Paris ; Essentiel Paysage , Musée d’Art Contemporain Africain Al Madeen (Macaal) et Beauté Congo – 1926- 2015 – Congo Kitoko, Fondation Cartier Pour l’art Contemporain, Paris 2015.

Thierry Oussou

Thierry Oussou est né en 1988 à Allada au Bénin, il vit et travaille à Allada et à Amsterdam. Thierry Oussous décrit sa pratique actuelle comme une archéologie sociale, explorant la relation entre art contemporain et objets ethnographiques. Au travers de tableaux et d’installations de dessins, il recarde les questions d’authenticité et de visibilité dans le cadre du patrimoine et de l’archéologie. En 2011, Oussou a fondé le studio d’art Yè, et continue de diriger des ateliers d’art et de culture visuelle au sein d’institutions dans tout le Bénin.