Bouchra Khalili, Hôtel El Safir, Ex-Aletti, Algiers City Center Residence of the Black Panther Party delegation during the 1969 Pan African Festival of Algiers. Fig 1 : Entrance of the former casino, 2015, c-print Courtesy Bouchra Khalili et Galerie Polaris, Paris © Bouchra Khalili / ADAGP, Paris, 2018

Exposition Blackboard

L’exposition de l’artiste franco-marocaine Bouchra Khalili, Blackboard, est présentée au Jeu de Paume jusqu’au 23 septembre 2018.

Le travail de l’artiste en film et installation vidéo, photographie et sérigraphie, s’organise autour de plateformes mises en œuvre par l’artiste depuis lesquelles des membres de minorités performent leurs stratégies de résistances face à l’arbitraire du pouvoir.

À travers ses propositions artistiques très engagées, Bouchra Khalili articule récits singuliers et histoire collective interrogeant les relations complexes entre subjectivité et prises de positions civiques pour penser une communauté à venir. Blackboard réunit pour la première fois en France, une sélection d’œuvres de ces dix dernières années.

Bouchra Khalili, The Tempest Society, 2017, vidéo. Courtesy Bouchra Khalili et Galerie Polaris, Paris © Bouchra Khalili / ADAGP, Paris, 2018

THE TEMPEST SOCIETY, 2017

Vidéo, 4:3, couleur, son, 60 min.

Présenté pour la première fois à la documenta 14 à Athènes et Cassel, The Tempest Society se définit comme une hypothèse : trois Athéniens de différents horizons forment un groupe et entreprennent d’examiner la situation contemporaine de la Grèce et de la Méditerranée depuis la perspective de ceux dont l’appartenance citoyenne est déniée. Ils se réunissent dans une ancienne usine désaffectée dont ils entreprennent de faire d’une scène théâtrale une scène citoyenne.

Le nom qu’ils se donnent, « The Tempest Society », est un hommage rendu à « Al Assifa » (« La Tempête » en arabe), troupe de théâtre composée de travailleurs immigrés nord-africains et d’étudiants français, active à Paris dans les années 1970. Al Assifa abordait la question de la lutte quotidienne contre l’inégalité et le racisme en France sous la forme d’un « journal théâtral ». Quarante ans plus tard, l’héritage d’Al Assifa trouve un lieu de réactivation en Grèce.

Bouchra Khalili, The Tempest Society, 2017, vidéo. Courtesy Bouchra Khalili et Galerie Polaris, Paris © Bouchra Khalili / ADAGP, Paris, 2018
Bouchra Khalili, Speeches – Chapter 1: Mother Tongue, 2012, vidéo. Courtesy Bouchra Khalili et Galerie Polaris, Paris © Bouchra Khalili / ADAGP, Paris, 2018
Bouchra Khalili, Speeches – Chapter 3: Living Labour, 2013, vidéo. Courtesy Bouchra Khalili et Galerie Polaris, Paris © Bouchra Khalili / ADAGP, Paris, 2018

THE SPEECHES SERIES, 2012-2013
Série de 3 vidéos, 4:3, couleur, son, durées variables.

The Speeches Series est une trilogie vidéo composée de trois chapitres intitulés respectivement Mother Tongue (2012), Words on Streets (2013), et Living Labour (2013). Elle déploie une réflexion autour de nouvelles formes d’appartenances citoyennes. Chaque chapitre du projet articule une question spécifique, respectivement : la langue, la citoyenneté, le travail. Les trois chapitres de la trilogie permettent ainsi de dessiner une position du « poète civil », dont l’expérience subjective permet de faire émerger une voix collective.

Bouchra Khalili, The Seaman, 2012, vidéo. Courtesy Bouchra Khalili et Galerie Polaris, Paris © Bouchra Khalili / ADAGP, Paris, 2018

THE SEAMAN, 2012
Vidéo, 4:3, couleur, son, 10 min.

The Seaman a été tourné à Hambourg, où se trouve le deuxième plus grand port d’Europe, l’un des grands au monde, et l’un des premiers à avoir automatisé ses opérations de chargement et déchargement de containers. Dans

Bouchra Khalili filme un port déserté, vidé de toute présence humaine, où demeure seulement visible le ballet mécanique et fantomatique de gigantesques grues qui transportent jour et nuit des milliers de containers.

Hors champ, un jeune marin philippin fait le récit factuel, en trois courts chapitres, de sa vision du transport de marchandises globalisé, de l’isolement dont il sou re durant des mois sur le cargo, et de son rapport à sa « maison », développant une réflexion aiguisée sur la condition ouvrière en mer.