Jusqu’au 6 mai 2018 et comme chaque année depuis 8 ans déjà, le festival Circulation(s) expose la photographie contemporaine européenne au CENTQUATRE-Paris, dans 13 stations de métro et gares RER ainsi que dans de nombreuses galeries parisiennes associées à l’évènement. Animé par l’ambition de décloisonner les visions et les expériences, le festival réunit 50 artistes venus des quatre coins du continent. Une programmation qui s’appuie sur un appel à candidature international mais aussi sur l’invitation d’une galerie et d’une école partenaire.

 

Curieuse de découvrir les jeunes talents de la photographie européenne, Kozzarte a déambulé dans les galeries du CENTQUATRE-Paris et a notamment remarqué le travail de ces photographes:

Billie Thomassin

La série « 1/4 d’heure américain » de la jeune Billie Thomassin, née en 1992, est exposée, sur fond sonore, dans une petite salle à la lumière rose tamisée. Dans cette ambiance de boum des années ’80, le spectateur contemple les corps enlacés, photographiés par l’artiste.

 

Deux corps, côte à côte, deux corps qui se mêlent l’un à l’autre. Pour Billie Thomassin, une seule et unique forme en perpétuelle évolution. Elle capture ainsi l’abstraction de ce mélange et fixe la position de la silhouette formée par cet alliage. L’intimité d’une étreinte est impénétrable. La photographe souhaite par ces mises en scènes jouer sur cette impossibilité et montrer des accolades telles des sculptures. Les corps deviennent alors une composition abstraite créée pour être contemplée. Le temps est suspendu, les corps semblent absents, les visages, eux, ne sont jamais montrés.

 

Billie Thomassin vit et travaille à Paris. En 2016, elle a obtenu son diplôme à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs en photo et vidéo. Ses photographies sont régulièrement publiées dans des magazines de mode. Elle est directrice artistique et réalisatrice pour différentes agences de publicité et travaille en collaboration avec certaines marques de vêtements ou de labels musicaux.

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© Billie Thomassin
enlacés
© Billie Thomassin

Sandrine Marc

Scolairement alignés sur des étagères en chêne clair, les œuvres de la série « Fireworks » de Sandrine Marc interpellent immédiatement l’œil du visiteur de l’exposition photographique. Les traînées de couleur rappellent des éclaboussures de peinture ou de crayons aquarelle.

 

En grec, phôtos signifie lumière et graphein, peindre, dessiner. Photo-graphier, écrire avec la lumière. Près de 180 ans après Henry Fox Talbot, l’un des pionniers de la photographie, à l’heure du flux numérique et du trop-plein d’images, c’est s’interroger sur ce qu’est une photographie, en repartant de l’étymologie du mot et en utilisant les outils d’aujourd’hui. Le traditionnel spectacle du 15 août devient objet d’étude photographique. Les trajectoires et les éclats des fusées projetées dans le ciel sont fixés de manière aléatoire. Au moment de leur développement, les images sont inversées. Les tirages révèlent les traces des projectiles lumineux et forment un semble de variations comme des dessins gravés à la pointe sèche.

 

Sandrine Marc, née en 1979, vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Son travail a été exposé dans plusieurs centres d’arts et institutions. Elle mène depuis 2012 un travail pédagogique d’initiation à la photographie.

Fireworks Studies / Sandrine Marc
© Sandrine Marc

Guillaume Hebert

 

Si le visiteur ne jetait qu’un premier regard furtif sur les œuvres de Guillaume Hebert, il manquerait certainement de percevoir leur richesse, tant l’association est subtile et harmonieuse. En effet, les photographies de l’artiste associent des paysages urbains, déserts et quelque peu inesthétiques, à des toiles de maîtres.

 

Sa série « Upgraded Landscape » est une interprétation qui rend compte des changements dus en partie à l’urbanisation exigée par nos sociétés contemporaines. Elle nous invite à mesurer l’écart entre la vision d’un peintre d’antan et celle d’un photographe contemporain, et à redéfinir notre perception environnementale dans sa dimension esthétique.

 

L’artiste, né en Normandie en 1969, vit et travaille à Taipei depuis 2012. Il est diplômé de l’École supérieure d’Arts et Médias de Caen. Ses séries ont été publiées dans de nombres revues, notamment L’œil de la photographie, et exposées dans plusieurs festivals et galeries, principalement en Asie.

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© Guillaume Hebert
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© Guillaume Hebert

Alma Haser

 

En combinant origami et photographie dans sa série « Cosmic Surgery », Alma Haser semble ouvrir le troisième œil de ses modèles.

 

Cette série s’inscrit dans la tradition des portraits qui interrogent les générations à venir. L’apparence physique, dont l’omniprésence s’impose continuellement à notre attention, est au cœur de la série, imaginée comme une intervention chirurgicale à laquelle le public pourrait se soumettre d’ici peu. Que ce soit pour mieux se cacher de Big Brother ou simplement pour améliorer leur plastique, les êtres futuristes d’Alma Haser sont à la fois grotesques et étrangement réels. Les traits de leurs visages sont démultipliés et distordus, en référence à l’image cubiste et surréaliste.

 

Née en 1989 dans une famille d’artistes en Allemagne, Alma Haser vit et travaille à Londres. Son travail est une relecture de l’art du portrait. Elle a été lauréate de nombreux prix, parmi lesquels le Bright Spark Award de la Fondation Magenta et le PDN Photo Annual. Elle a également été nommée au Taylor-Wessing Portrait Prize, remis par la National Portrait Gallery à Londres. Ses séries ont été exposées dans des institutions internationales, dont la Saatchi Gallery en 2017.

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© Alma Haser
Festival Circulation(s)

Jusqu’au 6 mai 2018, www.festival-circulations.com