Vue de l'exposition.

La galerie 22,48m2 présente jusqu’au 28 juillet 2018 l’exposition Fading Away.

Cette exposition collective regroupe les œuvres de 18 artistes, artistes de la galerie et artistes invités : Cécile Beau, Bianca Bondi, Emilie Brout & Maxime Marion, Jean-Baptiste Caron, Claire Chesnier, Caroline Delieutraz, Thierry Fournier, Jérôme Game, Carine Klonoswki, Claudia Larcher, Lucie Le Bouder, Nicolas Maigret, Jeff McMillan, Jonathan Monaghan, Flora Moscovici, Bertrand Rigaux, Evan Roth et Géraud Soulhiol.

Les artistes se rejoignent ici autour du propos et des préoccupations de Fading Away, qui fait référence à l’horizon et aux différentes interprétations et perceptions possibles de ce lieu où se rencontrent ciel et terre.

Depuis la Renaissance, période durant laquelle l’horizon fut pris en considération dans le champ pictural, la situation a considérablement changé. L’horizon désigne un phénomène précis et réel qui indique la limite du champ visuel de l’observateur, qui se modifie et se déplace en fonction de celui-ci. Mais aujourd’hui, nous pouvons aussi observer la terre depuis le ciel, et nous avons la possibilité de nous déplacer virtuellement grâce aux outils, technologies et écrans dont nous disposons, devenant nos nouvelles « fenêtres sur le monde ».

Jean-Baptiste Caron, Axis, 2018.

JEAN-BAPTISE CARON

Jean-Baptiste Caron est né en 1983, il vit et travaille à Paris. Avec un langage minimal et quasi immatériel, Jean-Baptiste Caron oeuvre à la mince frontière de la pensée et du possible, déjouant les limites de la perception dans des réalisations (sculptures, installations, vidéos) et des dispositifs ambigus. Diplômé en 2010 de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Jean-Baptiste Caron a depuis participé à de nombreuses expositions collectives, entre autre : Recall from space age, Le Point Commun, Annecy (2018), Wanderer above the sea of fog, Villa Belleville, Paris (2017), MAD, Maison Rouge, Paris (2017), Meltem, Palais de Tokyo, Paris (2013). Son travail a également été le sujet des expositions personnelles L’ensemble des circontances au CNEAI, Chatou (2017), ou encore Jardin d’hiver, galerie 22,48 m2, Paris (2015).

Avec l’oeuvre Axis, Jean-Baptiste Caron renverse à la verticale le repère fondamental qu’est l’horizon. Que se passe-t-il alors ? Il semble que l’on trouve encore plus de stabilité. Présenté appuyé contre un mur dans un coin de la galerie, ce tube de verre soufflé est réalisé en deux parties avec un dégradé allant du gris-noir à la couleur transparente du verre. La ligne d’horizon est puissamment évoquée par cet axe vertical, comme concentrée dans la densité du noir. Horizontale et verticale déterminent notre centre de gravité et déterminent les rapports entre le haut et le bas, le ciel et la terre.

Caroline Delieutraz, Kamil crater, 2018.

CAROLINE DELIEUTRAZ

Caroline Delieutraz est née en 1982, elle vit et travaille à Paris. Employant des matériaux médiatiques issus de flux d’informations et développant une réflexion sur la provenance et l’usage des images, Caroline Delieutraz participe depuis 2007 a de nombreuses expositions personnelles ou collectives et s’implique par ailleurs dans des projets curatoriaux aux formes variées. Son attention se porte également sur l’apparition de phénomènes en ligne et sur les échanges d’images au sein de communautés spécialisés. En 2017, son travail a fait l’objet d’une exposition personnelle intitulée Unnamed Feelings à la galerie 22,48 m2 à Paris, et a également été sélectionné pour le Prix Sciences Po pour l’Art Contemporain. Elle travaille actuellement sur la question de l’externalisation de notre mémoire contemporaine à travers la technique antique du Palais de la mémoire.

Kamil Crater de Caroline Delieutraz propose ainsi un aller-retour entre le ciel et la terre d’un autre type. L’origine de son bas-relief remonte aux observations de la Terre sur Google Earth menées par un scientifique italien en 2010, qui découvrit un cratère de météorite dans le désert égyptien. Constitué de plusieurs couches de puzzles superposées, Kamil Crater offre un paysage composé d’images tirées de schémas scientifiques, de photographies satellites et amateur qui, dans un volume en creux, forment elles-mêmes un cratère. Là où ces images devraient nous apporter précision et repères, il semble qu’au contraire, elles génèrent la confusion dans le mélange des genres, comme une Babel dont seule l’artiste pourrait nous présenter l’image unifiée.

Emile Brout & Maxime Marion, Bliss (La Colline Verdoyante), 2013.

EMILIE BROUT & MAXIME MARION

Emilie Brout et Maxime Marion sont nés en 1984 et 1982, ils vivent et travaillent à Paris. « Post-internet, post-photographie, post-humain,… Émilie Brout & Maxime Marion semblent métaboliser tous les « post ». Faisant voler en éclats les dualismes classiques opposant l’organique et le technologique, le réel et le virtuel, l’humain et l’animal, le sauvage et le domestique ou encore l’original et la copie, le duo prend acte d’une réalité cyborg, hybride de nature et de culture toujours déjà advenue mais qui ne cesse d’accroître ses potentialités avec l’essor des technosciences.’ » (Sarah Ihler-Meyer) Émilie Brout & Maxime Marion ont débuté leur collaboration à l’ENSAD Lab à Paris, qu’ils ont intégré pour deux ans. Leur travail a été lauréat des prix Arte Laguna et Talent Contemporain de la fondation François Schneider. Il a été inclus dans la 5th Moscow Biennale for Young Art, et a été exposé et projeté dans de nombreuses expositions collectives, notamment : OCAT Shenzhen ; Daegu Art Museum ; Centre pour l’Image Contemporaine, Genève ; The Solo Project, Bâle ; Palais de Tokyo, et Centquatre, Paris ; FRAC Haute-Normandie ; Villa Arson, Nice ; Expositions personnelles récentes et à venir : 22,48 m2 (Paris), Steve Turner (Los Angeles), la Villa du Parc (Annemasse).

Dans Bliss (la colline verdoyante), Émilie Brout et Maxime Marion ont superposé une douzaine d’images de cette colline résultat d’appropriations diverses sur une impression lenticulaire qui varie en fonction du déplacement du spectateur. Le lien est tissé entre le tableau-fenêtre hérité de la Renaissance et les fenêtres que l’on ouvre sur nos écrans : seul un paysage, somme toute sommaire, pouvait faire office d’ouverture sur le monde digital.