Gun Nut © Aaron Johnson
Qu’est-ce qui a initialement suscité ton intérêt pour la peinture?

 

Enfant j’ai toujours été un artiste. Je préférais rater la récréation pour rester à l’intérieur et dessiner à partir de livres pour apprendre à dessiner les animaux. Je pense que je suis né avec cet intérêt.

Quelles sont tes inspirations?

La couleur. Le sang. La romance. La mort. Les montagnes. Les océans. La guerre. L’amour. Les fleurs. Les armes. L’Amérique. La pizza.

 

Donald Trump est très présent dans tes oeuvres. Penses-tu que l’art est lié à la politique?

En réalité, je n’ai peint Trump que quelques fois. Il est vraiment difficile de reproduire sa laideur. L’Amérique de Trump est une dystopie en spirale vers le bas. L’art doit être notre radeau de sauvetage et nous tirer vers le haut. Je pense que l’art peut sauver les âmes dans les périodes politiques sombres. En particulier dans mes nouvelles pièces, j’essaie d’atteindre ces vibrations supérieures.

Tu as développé trois techniques différentes les « Reverse Paintings », les « Socks paintings » et les « Works on paper », peux-tu nous en dire plus?

Les « Reverse paintings » sont peintes sur du plastique, en plusieurs micro couches d’arrière en avant, l’image entière est peinte à l’envers, résultant en une peau de peinture qui est décollée du plastique et monté sur un filet. Les « Socks paintings » ont évolué comme l’opposé des « Reverse paintings », ce qui permet une transformation drastique vers une sorte de sosie de moi-même. Les « Socks paintings » nécessitent de collecter des chaussettes d’inconnus par la poste, ce qui permet une sorte de collaboration absurde et une porte vers la conscience collective. Les « Works on paper » sont mon approche la plus directe, juste une lutte entre moi et la peinture.

Pourquoi des chaussettes? Comment en es-tu venu à utiliser cet objet pour la première fois?

Ça a commencé comme un geste absurde et une blague de peintre. J’aime la qualité « Duchampienne » de la chaussette comme un coup de pinceau prêt à l’emploi.

Il y a-t-il d’autres objets du quotidien que tu envisages d’utiliser?

J’aimerais utiliser d’autres objets comme matériaux. Mais je ne sais pas quel objet, rien ne semble être aussi parfait qu’une chaussette.

Tu représentes des personnages absurdes. Peux-tu nous en dire plus? Quel est ton préféré?

 

Les personnages agissent parfois sur une impulsion animale, mus par la faim et le désir comme les maniaques autour de la table dans « Turkey Pistol Dinner ». D’autres personnages existent dans une vibration supérieure, dans un domaine plus spirituel, comme les zombies amoureux dans « Viper Moon », qui expériment l’amour, la passion et la mort en même temps. J’ai récemment peint David Sockney – un Hockney fait de chaussettes – et je pense que c’est mon personnage favori actuellement.

Quel message souhaites-tu transmettre?

La vie passe vite, nous serons témoins de beaucoup de tragédies et d’horreurs, nous allons créer beaucoup d’amour et vivre tellement de beauté. Et aussi, on peut manger des cheeseburgers.

As-tu des nouveaux projets?

Toujours. Je vais exposer une nouvelle série de peintures à New York à la galerie Joshua Liner en juin. Puis j’aurai une nouvelle exposition à Hong Kong à la galerie Aishonanzuka en novembre. Je suis aussi en train de faire de la Kombucha maison et d’entraîner mon chien.

Où rêverais-tu d’exposer?

Au Centre Pompidou. Quelque chose dans ces escaliers en tube en fait la maison parfaite pour les « Socks paintings ».