Qui est Jason Losh?

Jason Bailer Losh est un jeune artiste américain qui travaille et vit à Los Angeles. Mêlant la sculpture et la peinture, ses oeuvres se font échos, par les formes et couleurs. N’utilisant que des objets trouvés pour ses sculptures, elles sont ancrées dans le quotidien. Ses peintures sont, quant à elles, des esquisses de ses oeuvres sculpturales mais prennent, pour autant, le statut d’œuvre finale à part entière.

En paralèlle à sa pratique artistique, il produit aussi le podcast Seing is Forgetting où il interviewe des acteurs du monde de l’art sur le statut de l’art contemporain à Los Angeles. Une bonne manière pour lui de prendre du recul sur son propre travail et d’en apprendre plus sur le fonctionnement d’autres artistes et conservateurs.   

Peux-tu me décrire ton parcours?

Je suis né et j’ai grandi dans l’Iowa rural, fils d’un menuisier, et ma pratique artistique m’a amené à New York peu avant la trentaine, où j’ai obtenu un Master of Fine Art à la School of Visual Art. Après avoir passé six ans à New York, j’ai déménagé à Los Angeles en 2011.

Peux-tu décrire ton travail et ta technique, ainsi que l’histoire de tes objets?

J’aime créer des formes multidimensionnelles à partir d’objets communs, commerciaux et domestiques. Le mélange entre mon lien à l’Amérique du Midwest et mes nombreux voyages internationaux a conduit à une pratique en studio qui bouleverse l’esthétique moderniste à travers mon humour et ma légèreté. Les références à la domesticité, à la famille et au patrimoine sont les bases de mon travail.

Mes peintures et sculptures sont créées en parallèle. Mes peintures, appelées compositions sculpturales, aident à déterminer comment les sculptures finales prennent forme. Je peux m’asseoir en compagnie de ces objets pendant des mois ou des années avant de considérer que mes projets sont terminés. Les éléments que j’utilise pour créer les sculptures proviennent de mon beau-père, artiste en Caroline du Nord, qui recueille des formes et des objets intéressants et me les envoie. Il a commencé à m’envoyer des boîtes de ceux-ci, et à mon tour, j’ai commencé à faire des sculptures à partir de ce qui a été envoyé sans connaître à l’avance leur nature. Dans l’ensemble, mon travail me semble familier par ce lien avec la famille et la domesticité.

Par quoi es-tu inspiré?

Ce qui est intéressant à propos de cette question, c’est que la réponse évolue constamment. J’adore la sculpture, mais sa création et son évolution en de différentes formes est le cœur de mon intérêt. Récemment, j’ai regardé comment elle est utilisée dans la danse et la performance: quand les objets sont introduits dans la performance, ils deviennent activés par l’interaction humaine. Les collaborations entre Isamu Noguchi et Martha Graham, ou Merce Cunningham et Robert Rauschenberg sont de bons exemples de l’utilisation conjointe de l’art et de la danse, qui brisent les rôles traditionnels de chaque médium.

J’aime découvrir de nouvelles façons de regarder et de comprendre une œuvre d’art, puis la ramener en studio pour m’aider à développer ma propre pratique artistique.

Que penses-tu de Los Angeles en tant qu’artiste?

C’est la seule ville où je peux me voir vivre en ce moment. La communauté artistique est accueillante, diversifiée et accomplie. J’ai travaillé dur pour trouver ma place au sein de celle-ci, mais personnellement, je l’ai trouvée plus propice à ma pratique artistique en studio que lorsque je vivais à New York. Cela pourrait aussi être le produit d’une compréhension plus profonde de mon propre travail et des heures passées en studio.

Les coûts de la vie ici continuent à augmenter, et la pression pour trouver un équilibre travail / famille stable est toujours un combat. Mais finalement, c’est la vie de tout artiste qui réussit.

Quel est le lieu où voir de l’art à Los Angeles?

Oublions les galeries, car il y a tellement d’espaces de qualité, allant des espaces Blue-chip aux projets pop-up. Le nombre de musées et la qualité des travaux sont également de premier plan, mais ce n’est pas pourquoi je vis à Los Angeles.

J’adore les studios d’artistes à Los Angeles. Quand j’en trouve le temps, je fais des visites auprès d’autres artistes pour voir sur quoi ils travaillent et comment ils s’attaquent aux problèmes dans leur propre pratique artistique. Il y a des studios vraiment incroyables où j’ai eu la chance d’être invité et où j’ai pu avoir des conversations profondes et significatives avec les artistes.

Quels sont tes prochains projets?

Je continue de produire régulièrement mon podcast sur l’art à Los Angeles «Seeing Is Forgetting» en faisant régulièrement des interviews avec des artistes, des conservateurs et tout autre individu en lien avec le monde de l’art. Je vais avoir une exposition solo en septembre à Hong Kong, un stand partagé à l’Expo Chicago avec Anat Ebgi Gallery, ainsi qu’une exposition solo avec Anat au début de l’année prochaine. Je travaille également sur quelques commissions publiques qui vont être annoncées.

Où est l’endroit où tu rêves d’exposer un jour?

Le Walker Art Center à Minneapolis. Je viens du Midwest et le Walker était le premier musée que j’ai visité. J’ai de bons souvenirs de cette institution et elle a changé mon point de vue sur ce que signifiait être un artiste. J’y ai également été réprimandé pour avoir touché une sculpture, je voudrais revenir en arrière et être invité à toucher les œuvres.