Qui est Jordan Sullivan?

Jordan Sullivan est un jeune artiste vivant et travaillant à Los Angeles et New York mais ayant grandi dans l’Ohio et à Detroit. Ses différents projets sont pluridisciplaires, mêlant photographies, peintures, installations, collages et sculptures mais suivent tous une volonté de réutiliser les objets abandonnés. A travers des couleurs pastels, il a su instaurer un style reconnaissable tout en explorant des thèmes qui lui sont chers. Il utilise l’écriture pour chacun de ses projets, pour créer un lien entre son ressenti et son œuvre. Il cherche donc à incorporer le maximum d’éléments de sa propre vie dans sa pratique artistique.

Peux-tu me décrire ton parcours?

Je suis surtout un artiste autodidacte. Je viens d’une famille de personnes anxieuses, fait que je mentionne car l’anxiété joue un grand rôle, non seulement dans ma vie, mais aussi dans mon travail qui, je suppose, est ma vie à ce stade. Je ne crois pas que l’inquiétude ne soit que négatif, ou que mes gènes anxieux font de moi une victime. A vrai dire, m’inquiéter me permet d’être droit dans mes bottes. L’anxiété peut être une bonne chose, du moins si elle n’est pas trop intériorisée, si elle est projetée comme une lumière sur le monde, et qu’elle est utilisée pour trouver de l’espoir dans des endroits qui n’en ont pas. Donc, en bref, mon parcours est mon anxiété, mêlé au fait de se déplacer comme un enfant, pour se sentir sans racines.

D’où viens-tu, dans quelle mesure cela a une influence sur ton travail?

Né au Texas. Élevé dans une petite ville de l’Ohio et dans la banlieue de Detroit. Je ne sais pas exactement d’où je viens et cette idée de foyer – la maison perdue, la recherche de la maison, l’odyssée – influence mon travail. En outre, le Midwest est un endroit très gris. Beaucoup de grandes industries, de gros travaux, de grandes routes et de mauvais temps. Je pense qu’il y a un certain type de problèmes dans le Midwest que j’ai beaucoup exploré récemment.

Peux-tu décrire ton travail et ta technique?

Généralement, cela implique un nettoyage. Je fouille dans les bric-à-brac, les bibliothèques, les maisons et les bâtiments abandonnés, mon atelier, les paysages. Tout mon processus implique la recherche et le balayage. Mon arrière-grand-père était un récupérateur de navires dans les Grands Lacs. Il y a un livre sur lui appelé The Salvager, et je pense que son esprit m’a été transmis. J’essaie de sauver ces vieilles choses cassées que je trouve dans les coins oubliés des rues ou dans les décombres des maisons incendiées. Je veux les sauver et mettre en lumière leur résilience. Les surfaces et les choses en désordre sont pour moi des symboles d’espoir, de force et de courage.

Par quoi es-tu inspiré?

Survivre. Aller de l’avant. Laisser aller. Aimer. Avoir peur. Espérer. Échouer. Centre-ville de Los Angeles. Detroit. Ma famille. Tout ce qui est perdu, vieux ou cassé.

Quels sont tes prochains projets?

Tout ce que je fais fait partie d’un long processus, et j’essaie toujours de lier tout cela ensemble. Certains jours je peins, d’autres je lis et j’écris, d’autres encore je me promène. Je passe aussi beaucoup de temps à voyager et à prendre des photos. Je me concentre particulièrement sur le fait de travailler en lien avec la ville de Detroit, où j’ai passé mon adolescence, et avec le centre-ville de Los Angeles, qui reste toujours ma deuxième maison.

Où est l’endroit où tu rêves d’exposer un jour?

J’ai toujours voulu exposer des oeuvres dans les ruines d’une vieille église.

Images issues des séries Lost Home et Community Garden.