© Grégory Copitet. Courtesy Galerie Derouillon.

Jusqu’au 16 juin 2018, la galerie Derouillon présente le group show « Jerry, Show me Love » qui réunit les oeuvres de six artistes: Etel Adnan, Louis Cane, Ron Gorchov, Shirley Jaffe, Przemek Pyszczek et Guy Yanai.

Etel Adnan

Etel Adnan est née le 24 février 1925 à Beyrouth. Artiste et écrivain américano-libanaise, elle écrit en anglais et en français. Elle vit et travaille à Paris. Elle peint depuis les années soixante et son œuvre a connu une reconnaissance internationale depuis la Documenta13, en 2012. Ses œuvres récentes ont été remarquées à la dernière (2014) biennale du Whitney Museum à New York et le musée d’art moderne du Qatar, le Mathaf, lui consacre une rétrospective en 2014, organisée par Hans Ulrich Obrist.

Les oeuvres d’Adnan figurent dans de nombreuses collections, dont le Centre Pompidou, Paris, Mathaf, Doha, Qatar, Royal Jordanian Museum, Tunis Modern Art Museum, Sursock Museum, Beirut, Institut du Monde Arabe, Paris, British Museum, London, World Bank Collection, Washington D.C., and National Museum for Women in the Arts, Washington D.C, ainsi que dans de nombreuses collections privées.

© Grégory Copitet. Courtesy Galerie Derouillon.
Louis Cane

Louis Cane, né le 13 décembre 1943 à Beaulieu-sur-Mer1 dans les Alpes-Maritimes, est un peintre et sculpteur contemporain français. Il vit et travaille à Paris.

Il a été avec Devade, Dezeuze, Pincemin et Viallat, un des membres du groupe Supports-Surfaces. Il a gardé de cette aventure une grande liberté par rapport aux supports qu’il utilise. Dans les années 80, il revient à la figuration et déclare en 1995 : “Je passe de l’abstrait au figuratif environ tous les dix ans. Aujourd’hui, je fais les deux ensemble, ce qui est d’une parfaite immoralité par rapport aux certitudes de l’art contemporain… Les peintres ne prennent pas de risques, de peur de rater leur tableau. Ils se cachent derrière des systèmes, des méthodes et ils s’y tiennent”.

Dans les années 1990, Louis Cane travaille sur des grillages de fibres de verre, des tissus de soie semés de fleurs et rend hommage aux “Nymphéas” de Monet. C’est la grande exposition de Cane au Musée de l’Orangerie au printemps 1994 et les expositions dans les musées du Japon en 1995. Depuis 1995, Louis Cane, qui est aussi sculpteur et créateur de meubles, n’a rien abandonné de sa réflexion sur ce qui constitue l’essence de la peinture française et en particulier son affection pour les couleurs vives et joyeuses.

A travers des bouquets flamboyants en séries et des peintures abstraites sur des tirages cibachrome, des grillages de fibre de verre, des châssis de plexiglas, Louis Cane ressuscite une conception de l’art axée sur la gaieté et le plaisir. Comme le dit très justement Philippe Dagen, “Loin de la peinture-peinture, dont il passe parfois pour l’un des athlètes, Cane perfectionne un art d’allusions croisées, réminiscences perverties, citations brouillées et jamais prises tout à fait au sérieux, tout cela non sans détachement ni dandysme… Il est en somme le plus constant des artistes conceptuels, section peinture.”

© Grégory Copitet. Courtesy Galerie Derouillon.
Ron Gorchov

Ron Gorchov (américain, né en 1930) est connu pour ses peintures sur supports en forme de selle, devenues sa signature. En étirant du lin sur des cadres incurvés en bois qu’il conçoit et construit lui-même, Gorchov parvient à réaliser une surface concave unique pour ses peintures abstraites qui rappellent des masques et des boucliers. Il continue d’utiliser cette forme pendant plus de 40 ans. Il commence sa carrière artistique très tôt, étudiant à l’Institut d’art de Chicago à l’âge de 14 ans. Il s’installe à New York avec sa famille en 1953, sa première exposition solo a lieu à la Tibor de Nagy Gallery en 1960 et il participe à l’exposition du Whitney Museum intitulée Young America 1960: Thirty American Painters Under Thirty-Six.

Le travail de Gorchov est exposé, entre autres, au MoMA de New York, au MoMA P.S.1 dans le Queens, au Centro Atlántico de Arte Moderno en Espagne.

© Grégory Copitet. Courtesy Galerie Derouillon.
Shirley Jaffe

Artiste américaine, Shirley Jaffe était installée à Paris depuis 1949, où elle est décédée le 29 septembre 2016.

Après avoir étudié à la Cooper Union Art School de New York, puis à Phillips Art School de Washington, Shirley Jaffe expose à Paris dès 1951 et est à ce moment-là une peintre faisant partie de la tendance de l’Expressionnisme abstrait, très proche des

autres artistes américains ou canadiens résidant à Paris tels que Sam Francis, Kimber Smith, Jean-Paul Riopelle, Norman Bluhm et Joan Mitchell.

Son art a évolué dans le courant des années 60 pour quitter l’esthétique de l’Expressionnisme abstrait, fondée sur le geste, la matière travaillée et le sujet expressif. Shirley Jaffe garde une inspiration toujours fondée sur la spontanéité, comme en témoignent ses esquisses, restées très gestuelles mais qu’elle travaille ensuite pour en simplifier la structure, en distinguer les éléments et en clarifier les formes et les couleurs.

Son art devient alors non pas géométrique mais dessiné ; ses éléments, qui ne représentent rien, sont disposés selon un ordre personnel, et le rapport des formes et des couleurs crée des rythmes extrêmement vigoureux. L’art de Shirley Jaffe est fondé sur la dislocation et le mouvement. Si l’on a pu lui trouver des points communs avec les papiers découpés de Matisse, c’est en réalité plutôt avec les tableaux abstraits de Stuart Davis que son œuvre présente le plus d’affinité, surtout depuis que ses compositions montrent des éléments moins imbriqués les uns dans les autres et plus isolés sur des fonds blancs.

© Grégory Copitet. Courtesy Galerie Derouillon.
Przemek Pyszczek

Przemek Pyszczek s’inspire de sa formation en architecture et de son histoire personnelle pour ses sculptures, ses installations et ses peintures cérébrales et discrètes. Né en Pologne en 1985, il a déménagé au Canada avec sa famille, ne revenant à son lieu de naissance que quelques fois. Les sentiments de déplacement et de connexion que ces visites ont suscités chez lui ont façonné son regard et son approche de l’art. Il se rend régulièrement en Pologne, où il étudie et photographie les blocs de logement datant de l’ère soviétique qui éclairent une grande partie de son travail. Il décrit ces structures comme «une partie de mon histoire personnelle et une partie de ma mémoire, mais aussi une partie de l’histoire.»

© Paul Green, Artsy

Dans une de ses séries, Pyszczek a transformé ses façades décorées en peintures, avec des fragments de leurs dessins colorés avec le caillebotis en métal à motifs typiquement trouvé sur les balcons et sur les fenêtres.

© Grégory Copitet. Courtesy Galerie Derouillon.
Guy Yanai

Avec leur sujet vernaculaire et leur apparence pixélisée, les peintures de Guy Yanai englobent une variété d’influences historiques, mais distinctement influencées par un moment technologique.

Inspirées par des personnages historiques tels que Matisse et Cézanne, ainsi que des figures plus contemporaines telles que Tal R, les peintures de l’artiste israélien né en 1977 capturent des scènes inoccupées de la vie quotidienne, aplaties avec des

blocs de couleurs solides qui créent l’apparence de découpes ou de collage. Ses peintures s’inspirent de sources de la vie quotidienne – espaces visités, plantes, films, conversations – mais dans les peintures de Yanai, ces images se réduisent à des blocs géométriques, abandonnant les références au monde extérieur au profit d’une expérience visuelle tout aussi redevable aux images numériques et la peinture abstraite.

Jerry, Show Me Love

A découvrir à la galerie Derouillon jusqu’au 16 juin 2018