Vue de l’exposition de Laure Prouvost , « Ring, Sing and Drink for Trespassing », Palais de Tokyo (22.06.2018 – 09.09.2018) Courtesy de l’artiste et Nathalie Obadia (Paris / Bruxelles), carlier | gebauer (Berlin), Lisson Gallery (Londres / New York) Photo : Aurélien Mole

Jusqu’au 09 septembre 2018, dans le cadre de sa saison sur le thème de l’enfance, le Palais de Tokyo présente une exposition de Laure Prouvost,  Ring, Sing and Drink for Trespassing.  Elle y propose une échappée, tant géographique que mentale, en transformant les lieux avec une scénographie originale dont le dessin global évoque tant un œil grand ouvert qu’un sein, elle conçoit dans le même temps divers recoins, testant la curiosité du visiteur et l’invitant à s’y aventurer.

Au cœur de l’exposition, une fontaine – symbole de féminité et d’énergie vitale tout en évoquant formellement le sein nourricier – crée une zone de fraîcheur et de légèreté. L’architecture forme une assemblée circulaire, lieu de rencontre pour les visiteurs qui pourront y faire une pause après avoir découvert les panoramas atypiques imaginés par l’artiste ; mais aussi pour les œuvres elles-mêmes, héroïnes de ce paysage à l’origine de multiples récits.

Vue de l’exposition de Laure Prouvost , « Ring, Sing and Drink for Trespassing », Palais de Tokyo (22.06.2018 – 09.09.2018) Courtesy de l’artiste et Nathalie Obadia (Paris / Bruxelles), carlier | gebauer (Berlin), Lisson Gallery (Londres / New York) Photo : Aurélien Mole

Inspirée par le réchauffement climatique et les aberrations de la nature qui en résultent, Laure Prouvost propose sa version d’un jardin d’Éden post-apocalyptique. « Ring, Sing and Drink for Trespassing » nous invite à explorer et célébrer l’ambiguïté, mettant en scène des œuvres (inédites pour la plupart) pleines d’éléments disruptifs, nous obligeant sanscesse à reconsidérer notre point de vue et notre compréhension des choses.

Familière de la prosopopée et conteuse horspair, Laure Prouvost nous invite à participer, à dialoguer avec ses créations et à voir le monde autrement, mettant en avant l’hybridation des formes et des espèces ainsi que la propagation de ses œuvres dans l’espace. Dans la lignée des mots-valises chers à Lewis Carroll, Laure Prouvost joue avec le langage en l’utilisant comme outil pour l’imagination. Elle crée ainsi des objets-valises : personnages métalliques anthropomorphes à tête-écran plat ou miroir, branchages à excroissances mammaires ou implants fessiers, fruits et légumes dopés aux
OGM (ou tout simplement à l’imagination de l’artiste), entre autres. C’est ainsi que pénétrer dans son exposition, en poussant une porte entrebâillée ou en traversant un couloir, nous fait passer de l’autre côté du miroir.

Vue de l’exposition de Laure Prouvost , « Ring, Sing and Drink for Trespassing », Palais de Tokyo (22.06.2018 – 09.09.2018) Courtesy de l’artiste et Nathalie Obadia (Paris / Bruxelles), carlier | gebauer (Berlin), Lisson Gallery (Londres / New York) Photo : Aurélien Mole

Laure Prouvost est née à Justelieu (France) en 1961, avant de s’installer à Londres où elle étudie au Central Saint Martins College
puis au Goldsmith College. Lauréate du Max Mara Art Prize en 2011 et du Turner Prize en 2013, elle vit aujourd’hui entre Londres, Anvers et une caravane dans le désert croate.L’artiste représentera la France à la 58ème Biennale d’art de Venise en 2019.

Son œuvre prend la forme d’histoires indépendantes qui se recoupent et se répondent, où la fiction se mêle à la réalité. Ces situations deviennent des installations immersives qui invitent à l’évasion et dans lesquelles dialoguent films, sculptures, peintures, tapisseries, performances ou fragments de récits, parfois adressés directement au visiteur. Généreux et plein d’humour, son travail examine les relations entre langage, image et perception, plaçant le visiteur dans des situations de doute et d’incompréhension, mais aussi d’émerveillement, tant intellectuel que sensoriel.7

Vue de l’exposition de Laure Prouvost , « Ring, Sing and Drink for Trespassing », Palais de Tokyo (22.06.2018 – 09.09.2018) Courtesy de l’artiste et Nathalie Obadia (Paris / Bruxelles), carlier | gebauer (Berlin), Lisson Gallery (Londres / New York) Photo : Aurélien Mole