Paris Photo 2018

Du 08 novembre au 11 novembre 2018 a eu lieu la 22ème édition de la foire Paris Photo, parcourue cette année par près de 150.000 visiteurs. Kozzarte vous présente ses coups de coeur.

Lynn Davis

Les chutes d’Iguazu font rêver, et cela est d’autant plus vrai dans l’oeuvre en noir et blanc Iguazu Falls de la célèbre photographe américaine, Lynn Davis. Ayant commencé ses voyages en 1986, elle présente avec la galerie Karsten Greve ses travaux les plus récents lors de cette édition 2018 de Paris Photo. Le grand format carré, caractéristique de l’artiste, transporte directement tout visiteur dans le paysage exotique sud-américain. Au-delà de la simple prise de vue d’un paysage grandiose, ce format lui permet d’assigner une dimension mystique à l’image, et ainsi inciter le spectateur à réaliser son propre voyage spirituel.

Lynn Davis, Iguazu Falls, Brazil, 2008, Courtesy of the artist & Karsten Greve gallery
Guy Tillim, Avenue du President Leopold Sedar Senghor, Dakar 2017, 2017 Pigment ink on cotton paper, 135 x 90cm, Courtesy of the artist & Stevenson Gallery
Guy Tillim

Figure majeure de la scène artistique de l’Afrique du Sud, Guy Tillim, trouve en la photographie le moyen de dénoncer l’emprise des occidentaux sur les richesses de l’Afrique. L’oeuvre Avenue du President Leopold Sedar Senghor, prise à Dakar, démontre cela. La présence de ce travail à Paris, dans une foire ayant pour partenaire une des plus grandes banques du monde n’a rien d’un hasard. Guy Tillim instaure un contraste entre la pauvreté de l’Afrique, et la richesse des occidentaux, qui n’ont laissé derrière eux que des immeubles aux allures modernistes et leurs banques, comme en atteste la présence du logo de la banque française Société Générale. L’aspect fortement esthétique de l’image voulue par Tillim voile ce discours sombre.

Dias & Riedweg, Arquivo Fantasia, Installation vidéo sur cinq canaux audio et vidéo, en boucle, 2017, Courtesy of artists & Bendana Pinel Art Contemporain
Dias & Riedweg

Contrairement à l’année passée, la vidéo fut quasiment inexistante dans cette édition 2018. L’installation vidéo du duo brésilien et suisse Dias & Riedweg est l’une des seules exhibées. Présentée par la galerie Bendana Pinel Art Contemporain au sein de la section érotique Curiosa, cette installation met en exergue les fantasmes des américains de 1985 à 2005. Le duo d’artistes, a exercé un important travail sur les archives du photographe américain Charles Hovland. Ayant travaillé pour le « Village Voice », Hovland proposait ses services pour photographier les fantasmes des lecteurs de cette célèbre revue. Dias & Riedweg ont fait le choix de numériser ces milliers de négatifs et de les présenter sous forme de mosaïque sur cinq écrans, sur lesquels défilent les fantasmes d’hommes et de femmes, insufflant un air de liberté sexuelle au sein de la foire.

La Factory d’Andy Warhol

Sans évoquer une photographie en particulier, le stand de la galerie Gagosian était une oeuvre en elle-même. À l’occasion de cette édition, Gagosian a reconstruit la Factory d’Andy Warhol en accrochant sur ses murs d’aluminium les travaux de l’artiste pop, représentant de grandes personnalités de l’époque : Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, Grace Jones, ou encore Diana Ross – un stand grandiose comme cela est de coutume pour la galerie Gagosian. 

Installation view, Gagosian at Paris Photo 2018, booth B16. All artworks copyrighted. Photo: Thomas Lannes
Daido Moriyama

Durant cette année du Japon, Paris Photo accorde une grande place aux galeries nippones et à leurs artistes. Né en 1938, Daido Moriyama est l’un des plus importants photographes japonais. Ses images sont présentes au sein de la section érotique Curiosa, évoquant la pratique du bondage japonais, le « shibari » ; ainsi que dans la section principale où l’on retrouve ses travaux plus représentatifs. Les scènes de vie urbaine sont capturées par Moriyama avec son style si caractéristique : des images en noir et blanc, sombres, granuleuses, impures. Malgré tout, ces photographies sont envoûtantes, et la 22ème édition de Paris Photo donnait l’occasion unique d’admirer ces tirages d’une grande rareté. 

Daido Moriyama, Japan, A Photo Theater, 1966, Courtesy of the artist & Bookshop M