Virginia Woolf, « Une Chambre à soi », l’oeuvre d’une femme forte

 

La maison : lieu de séjour, une demeure ou une habitation.

Sa racine latine signifie aussi simplement « rester, demeurer, séjourner, s’arrêter », mais aussi « persister, rester pour quelqu’un et être réservé à quelqu’un ».

« Rester pour quelqu’un », pour son mari, Virginia Woolf a tanté, lutté, en vain. Elle se donnera la mort en 1941, laissant une lettre d’adieu à son époux : elle a choisi de mettre fin à sa vie comme elle l’avait menée, en esprit libre et indépendant.

Elle laissera derrière elle une œuvre avant-gardiste et féministe, dont l’essai «Une Chambre à soi», est édité en 1929. Il encourage pour la première fois les femmes à trouver un espace de travail pour soi:  « une chambre à fermer à clé ».

LAURE TIXIER, Blue Japan House [Maison japonaise bleue], Blue Art Deco House [Maison art déco bleue], Red Deconstructivist House [Maison déconstructiviste rouge] White Hut [Hutte blanche] Acid Green Dome House [Maison en dôme vert acide], Brown Usha Hut [Hutte Usha marron], Pink Tower [Tour rose] Turquoise Blue Colonial House (Barbados) [Maison coloniale bleu turquoise (Barbades)], Orange Breton House [Maison bretonne orange], 2005-2011. Maquettes en feutre, fils. Extraits de la série « Plaid Houses (maquettes) » [Maisons en plaid (maquettes)] (2005-2011). Collection National Museum of Women in the Arts, Washington, D.C. Don des Amis du National Museum of Women in the Arts, Paris, France. © Monnaie de Paris – Romain Darnaud

CARLA ACCARDI, Triplice tenda , [Triple tente] 1969-1971. Vernis sur Sicofoil, plexiglas, 270,9 cm / diam. 450,8 cm . Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle.  © Carla Accardi/Adagp, Paris, 2017.  © Monnaie de Paris – Romain Darnaud

Une exposition de femmes

 

1929, c’est aussi la date départ de l’exposition Women House à la Monnaie de Paris qui rassemble 39 artistes femmes du XXe et XXIe siècles, sur 1000 m² et dans une partie des cours. Cette exposition collective est organisée en collaboration avec le National Museum of Women in the Arts de Washington D.C où elle s’exposera également en mars 2018.

NAZGOL ANSARINIA, Membrane (unbleached silk) [Membrane (soie non décolorée)], 2016. Papier, colle, peinture, 550 x 166 cm.   © Nazgol Ansarinia et galerie Raffaella Cortese, Milan.  © Monnaie de Paris – Romain Darnaud

L’origine du projet

 

En 1972, Miriam Schapiro et Judy Chicago, les co-directrices du nouveau Programme d’art féministe de l’École des arts de Californie (CalArts), n’avaient pas d’espace pour dispenser leurs cours. Elles décident alors de faire de cette contrainte une force, et créent avec leurs étudiantes un groupe de travail axé sur la conception de la « maison ». Elles parviennent ensuite à convaincre le propriétaire d’une vieille maison hollywoodienne de leur permettre d’en exploiter les espaces avant sa démolition : l’exposition qu’elles y organisent, intitulée Womanhouse, marque un tournant décisif dans l’histoire de l’art féministe. Cette installation géante, à l’échelle d’une maison, était constituée de 17 « pièces » transformées par 25 femmes artistes. Détruite quatre semaines après sa construction, elle a été documentée par le film de Johanna Demetrakas, qui marque le début de l’exposition Women House.

ISA MELSHEIMER, Beistegui, 2010. Tissu, fil. 330 x 288 cm. © galerie Jocelyn Wolff, Paris. © Monnaie de Paris – Romain Darnaud

ISA MELSHEIMER, Dachgarten/Raum [Toitterrasse/Pièce], 2010. B.ton, métal, cyprès, 54 x 90 x 40,5cm. Collection privée, Paris. © galerie Jocelyn Wolff, Paris. ©Monnaie de Paris – Romain Darnaud

La maison vue par les artistes femmes

 

Depuis des siècles, les femmes sont cloisonnées entre les murs d’un foyer; elles le gèrent, l’organisent et l’inventent parfois avec plaisir, parfois avec ennui.

À travers 8 chapitres de l’exposition, la femme artiste s’approprie l’espace domestique et devient tour à tour désespérée, féministe, poétique, politique, nostalgique ou révoltée.

Par essence, l’artiste sait s’affranchir des codes stricts imposés par la société, c’est encore plus vrai avec ces femmes artistes, témoin et instigatrice de la révolution sexuelle. Elles ont su bousculer la bienséance au risque de passer pour des harpies.

Éternel  débat, plus que jamais d’actualité.

PIA CAMIL, Gabi’s T-Shirt [Tee-shirt de Gabi], 2016. Teeshirts d’occasion (du marché d’Iztapalapa) teints, 300 ×3400 cm. © galerie Sultana, Paris. © Monnaie de Paris – Romain Darnaud

HEIDI BUCHER, Mental Institution Kreuzlingen – Schloss Bellevue « Fenstertüre » [Institution psychiatrique Kreuzlingen – Château de Bellevue . Porte-fen.tre .], 1988. Latex sur toile, 260 x165 cm. © The Estate of Heidi Bucher et The Approach, Londres. © Monnaie de Paris – Romain Darnaud

……………….

RACHEL WHITEREAD, Untitled (Air Bed) [Sans titre (Lit gonflable)], 1993. Caoutchouc, mousse synthétique haute densité, 100x 188 x 24 cm. Collection Centre national des arts plastiques (FNAC 93574). © Monnaie de Paris – Romain Darnaud

La liste des artistes femmes exposées

Carla ACCARDI (1924 – 2014) / Helena ALMEIDA (1934) / Nazgol ANSARINIA (1979) / Monica BONVICINI (1965) / Louise BOURGEOIS (1911– 2010) / Heidi BUCHER (1926 – 1993) / Claude CAHUN (1894– 1954) / Pia CAMIL (1980) / Johanna DEMETRAKAS (1937) / Lili DUJOURIE (1941) / Valie EXPORT (1940) / Lucy GUNNING (1964) / Mona HATOUM (1952) / Birgit JÜRGENSSEN (1949 -2003) / Kirsten JUSTESEN (1943) / Karin MACK (1940) / Isa MELSHEIMER (1968) / Zanele MUHOLI (1972) / Lucy ORTA (1966) / Leticia PARENTE (1930 – 1991) / Sheila PEPE (1959) / Martha ROSLER (1943) / Elsa SAHAL (1975, Paris) / Niki de SAINT PHALLE (1930 – 2002) / Miriam SCHAPIRO (1923) / Anne-Marie SCHNEIDER (1962) / Lydia SCHOUTEN (1948) /Cindy SHERMAN (1954) / Laurie SIMMONS (1949) / Penny SLINGER (1947) / Laure TIXIER (1972) / Joana VASCONCELOS (1971) / Ana VIEIRA (1940 – 2016) / Rachel WHITEREAD (1963)/ Sue WILLIAMSON (1941) / Francesca WOODMAN (1958– 1981) / Nil YALTER (1938) / Shen YUAN (1959) / Andrea ZITTEL (1965)